Idée reçue

Votre argent est exclusivement du ressort des banques

Votre argent est exclusivement du ressort des banques

Le changement de comportement des consommateurs et le ras-le-bol général ont amené certains à penser qu’il était possible de créer des services financiers autrement, avec la technologie.

Patrice Bernard, consultant chez Conix Consulting.

Le secteur bancaire peine à se transformer

Ne faisons pas durer le suspens. Non, votre argent n’est pas exclusivement réservé aux seules compétences des banques. Ces derniers temps, de plus en plus de français ont pris conscience qu’ils pouvaient accéder à des services financiers sans leur banque. Dorénavant, ils délaissent leur agence et gèrent directement un nombre croissant d’opérations. La perte de confiance, les nouveaux usages collaboratifs et les frais bancaires toujours plus élevés sont les principales causes de ce désamour assumé.

Dans tous les secteurs, la montée en puissance du digital évince les entreprises qui ne s’adaptent pas aux changements économiques et sociaux. Les banques est un des secteurs qui a la plus forte propension à se voir « disrupter » (anglicisme de boulverser) par des nouvelles entreprises nées de l’économie digitale.

Les fintechs à la rescousse des consommateurs

Banque VS Fintech

Il y a une certaine complémentarité entre banques et fintechs, qui viennent attaquer des secteurs où l’offre bancaire est soit inexistante, soit bien trop chère. 

Benoît Bazzochi (FinTech Day – du 25 mars 2015)

Les entreprises high-tech qui tentent de bouleverser la finance sont appelées « FinTech » (conjonction entre « Finances » et « Technologie »). Le phénomène a émergé en 2008 avec la crise financière. Les FinTechs ainsi que les géants de l’Internet et de l’e-commerce appelé « GAFA » (Google, Amazon, Facebook et Apple) profitent de l’explosion de l’utilisation des smartphones pour s’imposer sur le marché des moyens de paiement et même sur les services bancaires. Par exemple, Alibaba, géant chinois du commerce en ligne qui compte des dizaines de milliers de commerçants, « désintermédiatise » les banques. Il a capté 50 milliards de dollars, en quelques mois, moyennant des taux de rémunération très attractifs sur les prêts aux PME, et l’épargne.

« Finalement, le métier des banques est d’être des intermédiaires, or le Web est une machine à désintermédier et c’est ainsi qu’apparaissent des services de crowdfunding, de peer-to-peer lending » Yann Ranchere, Directeur des investissements chez Anthemis Group.

L’approche de ces nouveaux acteurs se focalise sur la conception du produit, centrée sur l’utilisateur et s’appuyant sur des critères d’ergonomie et d’utilisabilité. Cette démarche, au lieu d’imposer un mode d’utilisation choisi par les concepteurs, permet d’adapter le produit (généralement l’interface utilisateur) à l’utilisateur final. Les FinTechs offrent ainsi des coûts plus faibles, des services adaptés aux nouveaux usages et une plus grande proximité.

Le cobanking : l’argent autrement et sous toutes ses formes

Les Super-Pouvoirs du cobanking

Les nouveaux entrants peuvent proposer des services en ligne à faibles coûts contrairement aux banques qui héritent de réseaux et de structures d’un temps où les espèces et les chèques étaient courant, ce qui implique des frais bancaires illisibles et très élevés. De part la légèreté de leurs structures et la prédominance des moyens de paiement électroniques et de la CB, les FinTechs proposent des services à des taux très compétitifs voire même gratuits. Le cobanking favorise une expérience utilisateur optimale grâce à une connaissance pointue de leurs attentes et des nouveaux usages.

Ces startups de la finance amènent des ruptures technologiques et remettent en cause les modèles existants. Elles innovent en repensant la manière de faire du crédit (Prêt d’Union), de l’investissement (Marie Quantier), de l’épargne (Advize), des transactions entre particuliers et la collecte d’argent (Payname), de l’assurance (Inspeer), de la trésorerie (FinexKap), du financement (Wiseed)… Le cobanking challenge ainsi les banques sur tous leurs métiers.

Pour tout savoir sur le cobanking, consultez l’article « Lumière sur… le cobanking » ici.