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Vers la fin des banques

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Écrit par Camille

Dans son dernier ouvrage, l’écrivain et économiste Philippe Herlin se pose cette question et dresse un portrait figé du secteur bancaire. On assiste depuis quelques années à un débat selon lequel le secteur bancaire serait la sidérurgie du XXIème siècle. Un secteur sur le déclin, bousculé et moribond à défaut de se réinventer…

vers la fin des banquesLe modèle actuel n’est plus viable

Philippe Herlin dresse un bilan post-2008 du secteur bancaire. La crise est passée par là et elle a laissé des traces… Elle a révélé au grand public les failles d’un système centralisé où la banque universelle (banque de détail et de financement) est devenue la norme. Les crises grecques et chipriotes, intimement liées, sont la résultante concrète de ce fonctionnement. Il faut que les choses changent. Les banques, devenues trop grosses pour tomber, sont au crochet des États (et donc des populations) qui assurent leurs arrières en cas de faillite et ce malgré une réglementation et des contrôles renforcés. Les banques continuent de jouer un jeu dangereux qui paradoxalement fait le bonheur des pure-players.

L’offensive des pure-players

Les pure-players bancaires (ces acteurs qui ne dépendent pas des institutions bancaires établies) entrent dans la danse et profitent de la situation bancaire actuelle pour tirer leur épingle du jeu. Ces pure-players sont des géants de l’Internet (Google, Apple, Amazon…) ou encore des startups issues des Fintechs (Morning, PayPal, Lending Club…). Ils proposent de désintermédier l’accès aux services bancaires en s’appuyant sur les nouvelles technologies pour offrir un service transparent à un coût avantageux pour les clients. Ces pure-players sont toutefois freinés dans leur développement par une réglementation forte qui protège davantage l’olygopole bancaire que les usagers de services bancaires et financiers.

Un retour aux valeurs refuges ?

Philippe Herlin pose ensuite la question de la valeur de la monnaie. L’argent scriptural (pièces, billets, cartes bancaires) n’a de valeur que si l’on accorde de la confiance aux banques centrales qui l’émettent. Seulement, on l’a vécu il y a peu : lorsque la machine s’emballe, la confiance chute et la valeur de l’argent devient bien virtuelle. En redonnant leur valeur monétaire aux matières premières (l’or notamment mais aussi l’énergie ou l’environnement), on ramène l’argent dans le réel et on évite donc tout risque inflationnaire. Les monnaies complémentaires et notamment le bitcoin semblent, aux yeux de l’auteur, offrir une alternative prometteuse aux systèmes monétaires actuels. En effet, le bitcoin repose sur un système décentralisé, transparent et limité qui ne permet pas à la planche à billets d’entrer en action.

En définitive, Philippe Herlin dresse un portrait relativement fidèle du modèle bancaire et financier actuel et propose des alternatives, des pistes à réfléchir pour inventer la banque de demain.