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Pratiques collaboratives : les particuliers gagnent de l’argent et allègent leurs dépenses  

Pratiques collaboratives - gagner et économiser de l'argent

La France fait partie du top 3 des pays où la consommation collaborative s’est le plus développée, avec les États-Unis et l’Espagne. Ce commerce dit de « pair à pair », permet aux particuliers « offreurs » de biens et/ou de services d’amortir plus rapidement un bien qu’ils possèdent (voiture, logement, etc.) mais aussi d’augmenter et de diversifier leurs revenus. Ils peuvent également valoriser, de manière pécuniaire ou non, des compétences autres que celles utilisées dans leur emploi quotidien, comme par exemple le bricolage, la cuisine, etc. Il arrive même qu’expérimenter une activité entraine une reconversion professionnelle.

Explosion des services collaboratifs

La consommation collaborative a donc un impact positif à la fois sur l’aspect social et environnemental mais également sur le pouvoir d’achat. Pour certains, elle constitue même une source de revenus centrale. Selon l’étude « Consommation collaborative : perceptions, motivations et pratiques des français » (DGE, PICOM – Nomadéis, TNS Sofres, novembre 2014) près de 5,2 % de la population française tire plus de 50 % de son revenu de la consommation collaborative.

Quel public profite le plus des pratiques collaboratives ?

Les français exerçant une activité professionnelle représentent la catégorie la plus concernée par les revenus générés via la consommation collaborative. Les 65 ans et plus sont les moins concernés. Le commerce entre particuliers touche en majorité un public jeune, les moins de 35 ans, qui cherche à économiser mais aussi à gagner de l’argent. 75% d’entre eux disent avoir perçu jusqu’à 1000 euros par ce biais l’an dernier. La moyenne des revenus se situe autour de 2500 euros par an.

Les particuliers tirant plus de 50% de leurs revenus de l’économie collaborative sont aussi ceux qui déboursent majoritairement plus de 50 % de leurs dépenses courantes dans le cadre de pratiques collaboratives. Ils sont notamment plus adeptes des repas entre particuliers, des covoiturages sur des trajets réguliers ou encore de troc que le reste de la population.

Des revenus à déclarer ?

PFL consommation collaborative

Vendre et louer des biens ou des services via des plateformes Internet de mise en relation a dépassé le stade de la tendance pour constituer une nouvelle réalité économique et devenir une réelle source de revenus. Cependant, la plupart du temps, les particuliers ne déclarent pas leurs revenus liés à la consommation collaborative. Les pouvoirs publics cherchent aujourd’hui à encadrer son développement en limitant les impacts négatifs sur le secteur conventionnel, notamment à travers la modification du projet de loi de finances rectificative.

Le Sénat a dernièrement proposé un abattement fiscal de 5.000 euros sur les revenus tirés par les particuliers de leurs activités sur les plateformes en ligne (sous réserve d’une déclaration automatique sécurisée de ces revenus) pour distinguer les particuliers des professionnels. En dessous de cette limite, les revenus non imposés n’auraient pas à être déclarés. À l’inverse, les revenus supérieurs à 5 000 euros auraient été soumis à l’impôt sur le revenu. Ce seuil avait été présenté comme « suffisamment élevé pour laisser vivre l’économie du partage, tout en imposant justement ceux qui en font une véritable activité commerciale » par M. de Montgolfier.

Les députés ont finalement décidé de ne pas suivre la proposition du Sénat en prêchant l’égalité devant l’impôt. Désormais, les revenus de l’économie collaborative seront taxés dès le premier euro. Dans ce cadre, les plateformes, type Airbnb, devront, dans un premier temps, informer leurs membres des conditions d’imposition de leurs revenus. En janvier de chaque année, elles devront fournir un récapitulatif des revenus de l’année écoulée pour faire une déclaration fiscale.

Un autre rapport sur l’économie collaborative, plus participatif, est mené en parallèle par Pascal Terrasse (Député en mission Parlementaire auprès du Premier Ministre sur l’économie collaborative), qui propose de participer à la rédaction :  « Économie collaborative : quels enjeux pour notre modèle de société ? »

En conclusion, la consommation collaborative représente un modèle différent à encadrer, une expérience authentique ainsi qu’une source de revenus supplémentaires non négligeable.

Sources et lectures complémentaires