Lumière sur...

Les évolutions du secteur bancaire

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Écrit par Camille

Depuis ses origines, le secteur bancaire français s’est totalement transformé. Les nouveaux usages des consommateurs et les innovations digitales font émerger de nouveaux modèles et il est parfois difficile de s’y retrouver. Voici donc de quoi éclairer vos lanternes sur le paysage bancaire d’hier à aujourd’hui.

La banque d’hier à aujourd’hui

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C’est sous l’Empire Romain que les activités bancaires se sont vraiment développées et que les bases juridiques des opérations financières ont été posées. Au Moyen Âge, les premières banques apparaissent en Europe pour répondre aux besoins financiers créés par l’essor du négoce. Les fondements de la banque moderne, eux, se mettent en place pendant la Renaissance.

La première grande banque française voit le jour au XVIIIème siècle avec la tentative de John Law (économiste écossais) qui propose de remplacer l’or et l’argent par des billets de banque pour éponger plus facilement les dettes du royaume dues aux guerres de Louis XIV. Victime de spéculation et d’émission excessive de monnaie fiduciaire, la banque s’effondre brutalement.

Le XIXème siècle est marqué par une période de croissance durant laquelle se développent la monnaie fiduciaire (monnaie, billets) et la monnaie scripturale (chèques, virements…). La France possède alors un réseau bancaire installé et diversifié. Très dépendant de son environnement, le système sera mis à rude épreuve à plusieurs reprises. La crise de 1848 met en faillite quelques banques qui finançaient l’industrie en octroyant des prêts risqués sur le long terme. Les retraits massifs pendant la Première Guerre fragilisent les banques et l’inflation qui suit restreint les établissements financiers à des opérations de court terme en achetant des bons du Trésor.

Parallèlement, Henri Germain (président fondateur du Crédit Lyonnais) formule une doctrine en faveur des crédits à court terme. C’est la naissance de la distinction entre banque de dépôt et banque d’investissement. Les banques de dépôt organisent la collecte de l’épargne dormante du grand public, tandis que la plupart des banques d’investissement spéculent sur l’argent avec des placements risqués. Pendant les années trente, l’Etat reprend la main sur le secteur et vote des lois pour réglementer l’activité bancaire. Après la Seconde Guerre Mondiale, la Banque de France est nationalisée.

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La vague de nationalisation se poursuit dans les années 80 et les grandes banques en profitent pour se restructurer. La loi bancaire de 1984 met fin à la spécialisation des banques qui peuvent désormais commercialiser plusieurs types de services. La banque est alors un établissement de crédit pouvant effectuer toutes opérations : dépôts, crédits, moyens de paiement, change ou encore conseil et gestion de placements. Le décloisonnement du crédit favorise la concurrence et est également à l’origine de la rencontre entre banque de détail et banque d’investissement. Dans le même temps, une vague de privatisation des banques est lancée et libéralise la finance.

Alors que les frontières tombent et qu’un espace bancaire européen voit le jour (traité de Maastricht, 1992), l’impact de la banque d’investissement sur la banque de détail se fait sentir et met en danger le système. Les années 90 sont marquées par plusieurs crises qui vont réduire drastiquement le nombre de banques françaises. Elles sont 1 556 en 1984 et passent à 1 000 en 1998. En 2007, la crise des « subprimes » se propage rapidement : le secteur bancaire frôle la faillite et une véritable crise systémique.

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De la banque traditionnelle à la banque en ligne

Petit à petit et avec l’arrivée d’Internet, un changement s’est opéré chez les banques traditionnelles qui se sont en partie dématérialisées pour proposer un service online. Tandis que la banque traditionnelle (dans laquelle nous avons notre compte courant, un crédit et un livret A, etc.) s’appuie sur un réseau d’agences physiques, la banque en ligne propose un service sur Internet avec un portail web qui permet de réaliser des opérations bancaires courantes depuis un ordinateur. Derrière chaque banque en ligne, on retrouve une banque traditionnelle qui a choisi de développer un nouveau canal de vente pour répondre à de nouveaux usages et à une demande grandissante de la part des consommateurs. Idéale pour les clients autonomes et bons gestionnaires, la banque en ligne est centrée sur l’innovation (vidéo-conférences avec son banquier, commande d’argent et virement à domicile…) et surfe sur les usages numériques (médias sociaux, chat, instantanéité du service, applications mobiles…). Néanmoins, leur solidité s’appuie sur les banques historiques auxquelles elles sont rattachées (Fortunéo pour le Crédit Mutuel, BforBank pour le Crédit Agricole ou encore Boursorama, filiale de la société Générale).

Malgré tout, la banque classique répond à un besoin de proximité exprimé par certains clients et apporte une solution globale que les banques en ligne ne sont pas forcément en mesure de proposer (conseil, immobilier, assurance, patrimoine…). C’est pourquoi les agences physiques perdurent encore. Bien souvent, la banque en ligne ne propose qu’un canal de distribution supplémentaire sans véritable innovation et ne répond pas vraiment aux problématiques exprimées par les consommateurs.

L’arrivée des néobanques

Elles s’appellent « Simple » aux USA, « Number 26 » en Allemagne, « Anytime » en Belgique ou encore « Tandem » en Angleterre. Ces néobanques débarquent sur le marché et font tomber le monopole des établissements de crédit qui ne sont désormais plus les seuls à pouvoir proposer des services bancaires. Ces nouveaux acteurs réussissent à décrocher des agréments bancaires et peuvent ainsi viser plus loin que la simple intermédiation. Ils se démarquent des banques en proposant une nouvelle expérience utilisateur fluide et moderne.

définition néobanqueNombreuses sur le marché, les néobanques tirent leur épingle du jeu en s’adressant à une clientèle en phase avec les nouvelles technologies. Pour les utilisateurs qui n’ont aucun problème à passer d’un prestataire à un autre, ces solutions sont une aubaine : ils peuvent ainsi reprendre le contrôle sur leur argent et avoir plus de transparence à moindre coût. En effet, le modèle économique de ces startups repose souvent sur une offre de base gratuite ou peu coûteuse pour les particuliers. Dans ces petites structures, l’accent est clairement mis sur le développement technologique afin de proposer une toute autre dimension de l’expérience bancaire. Afin de répondre au mieux aux attentes des consommateurs, ces acteurs ont recours à la co-création, qui leur permet de penser de nouveaux services en étroite collaboration avec les utilisateurs. Aujourd’hui, les néobanques reposent souvent sur un partenaire bancaire traditionnel. Certaines font cependant le choix de rester indépendantes, afin de mettre en place un système d’informations qui leur est propre et offrir plus de transparence à leurs clients. C’est le cas de Morning, qui change le paradigme bancaire et invente de nouveaux usages inspirés de l’économie collaborative. Pour ces nouveaux arrivants, les enjeux sont grands : mise en place de système de sécurité ou encore lutte contre la fraude. Pour rester compétitives, les banques traditionnelles vont devoir s’adapter à cette révolution : reste à savoir si elles feront le choix de s’associer à ces startups ou si elles deviendront de véritables concurrentes…

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