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Le paiement mobile

paiement mobile
Écrit par Camille

Alors que le secteur du paiement est en pleine mutation, le m-paiement ou paiement mobile est en train de s’implanter progressivement comme un usage indépendant. Mais malgré les nombreuses solutions disponibles, les consommateurs mettent du temps à adopter ce nouveau mode de paiement. Décryptage de l’univers du paiement mobile.

Des technologies au service du paiement mobile

Le paiement à distance est le plus répandu des modes de m-paiement. Il consiste à se connecter à son téléphone mobile pour régler ses achats en ligne. La plupart des sites de e-commerce disposent maintenant d’applications dédiées mais il y a également des applications consacrées au paiement mobile.

Le paiement de proximité, beaucoup moins utilisé, est pourtant en plein développement. Ce sont principalement 2 technologies qui viennent alimenter cet usage : le QR code et la Near Field Communication. Pour le QR code, l’utilisateur flashe un code directement depuis son mobile pour réaliser la transaction. La technologie NFC est, quant à elle, basée sur un protocole d’échange entre 2 périphériques, comme un téléphone mobile et un terminal de paiement. C’est une technologie de proximité de courte portée (4 cm entre les 2 périphériques). Elle est utilisée dans le secteur des paiements, mais a fait ses preuves dans d’autres environnements, par exemple dans les transports en commun avec les badges abonnés Tisséo à Toulouse.

 

App-Android-PaynameLe paiement de mobile à mobile est très largement utilisé dans les pays en voie de développement, car il devient une véritable alternative au compte bancaire. En effet, certaines zones du globe ont un niveau de bancarisation assez faible. C’est notamment le cas du continent africain, où seulement 10% des populations sont bancarisées. Avec sa solution, M-Pesa (M pour mobile et Pesa pour argent en langue swahilie), est d’ailleurs devenu le leader du paiement mobile, avec près de 17 millions de comptes, seulement au Kenya. Cette technologie permet aux utilisateurs de déposer de l’argent sur un compte (stocké sur le téléphone) et de pouvoir envoyer et recevoir de l’argent en utilisant un numéro d’identification et un SMS sécurisé.

Des réticences de la part des utilisateurs

Le paiement mobile est présent en France depuis plus de 10 ans, puisque la première solution de m-paiement, fut déployée en 2003, pour les places de stationnement de la ville d’Issy-les-Moulineaux. Mais les consommateurs ne sont pas encore totalement enclins à payer avec leur mobile. Selon une étude du cabinet Deloitte, seulement 8% des utilisateurs de smartphones ont eu recours à du m-paiement en 2015. La hausse est bien là (+5% comparé à 2014) mais à relativiser car les freins à l’utilisation du paiement mobile sont encore nombreux. L’insécurité demeure en tête de ces interrogations, avec une difficulté pour les acteurs du secteur à rassurer les consommateurs. Il est donc primordial pour ces derniers d’être transparents et performants sur la sécurisation des données. L’autre principal frein est relatif à l’usage de ces nouveaux modes de paiement. Les personnes interrogées ne voient pas réellement les bénéfices apportés par ces solutions. Quand payer d’un geste avec son téléphone est quasiment identique au paiement avec une carte classique, le bénéfice apporté est en effet difficilement explicable. Les consommateurs préfèrent donc avoir recours aux méthodes classiques de paiement. Les enjeux du m-paiement, au-delà de la sécurité, seront donc de faciliter le paiement des Français au quotidien. Il est important pour les acteurs du secteur de rester à l’écoute des consommateurs, pour proposer des solutions qui répondent à leurs besoins.

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Le phénomène du « cashless society », ou société sans liquide

Le principe de “cashless society” repose sur le fait de faire disparaître la monnaie liquide au sein d’une société. C’est en Suède où l’on trouve l’exemple le plus frappant. Les chiffres sont sans équivoque : « l’argent liquide en circulation représente aujourd’hui 78 milliards de dollars, contre 106 milliards en 2009, et devrait diminuer de 20 à 50% d’ici à 2020 » selon la Banque Centrale Suédoise. La Suède a d’ailleurs un objectif de disparition totale  l’argent liquide d’ici 2030.

Cette disparition programmée de la monnaie « liquide » laisse donc place à de nombreuses innovations au niveau du paiement dématérialisé. Si l’on se focalise sur le paiement mobile, nous pouvons notamment citer l’application Swish. Utilisée par 1 Suédois sur 3, cette application, devenue une référence en Suède, permet de payer sans argent avec son mobile, en faisant un virement immédiat au commerçant concerné. Les avantages perçus par les Suédois découlent de la disparition de la monnaie en libre circulation : baisse des délits liés à l’argent liquide, et difficulté d’action pour l’évasion fiscale. Ce cas nous montre donc que la démocratisation du paiement mobile est possible. Affaire à suivre en France, qui demeure à la traîne dans ce domaine…

Malgré les avantages énoncés ci-dessus, certains s’interrogent sur les conséquences négatives d’un passage à une société sans liquide. En effet, le souhait de réduire la circulation de liquide permettrait aux banques d’imposer un nouveau modèle aux consommateurs. Cette transition est donc mal perçue par un certain nombre de personnes qui mettent en avant de possibles dérives. On peut notamment évoquer le cas de la Grèce qui, en avril 2015, comptait taxer les retraits en liquide (à hauteur de 1€ par tranche de 1000€ retirés). Ce n’est pas tant le montant de la taxe qui était critiqué mais le phénomène de taxation qui laisserait place à un système dans lequel l’égalité des unités monétaires et bancaires ne serait plus respectée.

La génération Y, une population privilégiée pour les applications de paiement mobile ?

Selon une infographie publiée en 2015 par Payfirma, près de 50% de cette génération serait prête à utiliser le paiement mobile pour de petits achats. Cette proportion est logique, car près de 52% des personnes de la génération Y ont déjà utilisé une solution de paiement mobile. Les souhaits de cette génération sont explicites : de la rapidité dans les transactions, le partage facile de dépenses avec des proches, et le suivi de ces dernières.

Autre point important à souligner, l’exigence de cette génération face aux solutions proposées. En effet, selon une étude réalisée par le cabinet Harris Poll, 81% des 18-34 ans sont prêt à abandonner une transaction si celle-ci est buggée lors du parcours d’achat. De plus, au-delà de l’abandon, ils sont un relais important sur les réseaux sociaux, qui sont devenus depuis quelques années de véritables outils de relation client. En conclusion, les technologies utilisées sont tout aussi importantes que les services, pour faire bénéficier aux utilisateurs d’une expérience optimale.

SouhaitsGénérationY