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La FinTech

FinTech : émergence des banquiers 3.0

FinTech : un savant mélange de finance et de technologie

À l’origine, il existe des fournisseurs de services financiers qui vendent leurs produits et services aux clients. On note cinq segments financiers : les prêts, le marché des capitaux, la gestion des actifs, l’assurance et le paiement. Aujourd’hui, l’industrie de la FinTech, c’est-à-dire des entreprises de technologie financière, innove sur ces 5 segments.

La FinTech, contraction entre « Finance » et « Technologie », bouleverse le modèle économique de l’industrie financière. Elle repense notamment le fonctionnement de la banque à l’aide des technologies numériques. La FinTech caractérise les startups à la fois financières et technologiques donc à mi-chemin entre le secteur financier traditionnel et les usages numériques d’aujourd’hui. La réflexion de base a été de se demander comment, au travers des usages numériques, on pouvait aborder les services financiers de manière différente pour fournir un service simplifié, en ligne ou sur une application mobile, comme accéder à un compte, s’assurer ou encore placer de l’argent sur de l’épargne par exemple.

C’est une lame de fond puissante qui risque d’affecter durablement l’industrie financière traditionnelle. Hubert de Vauplane, avocat (banquier et trader repenti)

Aujourd’hui les startups de la FinTech se positionnent sur une partie réduite de l’offre bancaire, c’est-à-dire sur l’épargne, le paiement mobile, la gestion de fortune, etc. On conçoit aisément qu’innover sur toute la chaine de valeur d’un sujet aussi complexe et soumis à une stricte réglementation ne permet pas de tout changer du jour au lendemain. Cependant, avec le temps, on peut imaginer des FinTechs qui prendront de plus en plus de place grâce à de nouveaux modèles innovants, à la fois en BtoB (business to business), en BtoC (business to consumers) et même en CtoC (consumers to consumers).

Quels ont été les facteurs décisifs dans l’émergence de la FinTech ?

Les facteurs de l'émergence de l'industrie FinTech

Plusieurs facteurs se sont imbriqués au fil du temps pour déclencher un tsunami dans le monde de la finance.

  • L’ouverture de la réglementation à d’autres acteurs 

Dans la FinTech, comme dans tout secteur lié aux flux d’argent, la réglementation évolue et s’adapte comme en témoigne le décret encadrant la finance participative (cowdfunding) fin 2014. En France, obtenir un agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ou de l’Autorité des marchés financiers (AMF) est une démarche longue et compliquée, ce qui fait peser une incertitude sur la capacité des startups à exercer leur activité, incertitude que les investisseurs n’apprécient guère. « C’est un frein au départ, admet Eric Charpentier, fondateur de Payname. Mais une fois l’agrément obtenu, c’est un gage de qualité et de pérennité. » L’industrie de la FinTech peut alors être légitime et proposer des services innovants dans le respect de la réglementation française garantissant aux utilisateurs une sécurité accrue et une relation de confiance à long terme.

Des startups viennent perturber les acteurs en place. Si la plupart s’associent ou se font racheter par les banques, quelques-unes souhaitent rester indépendantes pour changer réellement le modèle de la banque et non pas devenir l’alibi innovation des banques traditionnelles, souvent engluées dans un mode de fonctionnement ancien.

 

  • Le développement d’Internet et des nouvelles technologies

Depuis une vingtaine d’années avec le développement d’Internet, les modes de consommation ont été profondément bouleversés. Les réseaux sont plus rapides et moins chers, les interactions sont instantanées et mobiles. Ces avancées ont entrainé des changements sociétaux comme la mondialisation des échanges, la manière dont nous nous organisons socialement et dans les affaires, la façon dont nous interagissons, de nouvelles approches de la consommation et de la propriété.

D’autre part, on observe l’accélération fulgurante des progrès technologiques avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, l’apprentissage machine, l’internet des objets (bas débit), la cryptographie, le big data…

La technologie va effacer la difficulté. Louis de Froissard, Bordeaux FinTech

Les usages numériques se développant et se démocratisant fortement, la fréquentation des 37 862 agences bancaires françaises a chuté pour laisser place à l’utilisation des applications ou des services en ligne en pleine croissance.

  • Un ras le bol du monde de la finance

Souligné lors d’une précédent Idée reçue, Je ne peux pas me passer de ma banque, seulement 17% des français vont une fois par mois en agence contre 60% il y a 5 ans et dans 86% des cas, ils s’y rendent pour régler des opérations administratives. Quant au conseil, il n’intervient que dans 16% des contacts uniquement : le banquier qui connaissait ses clients et leurs projets a disparu pour devenir conseiller en produits bancaires et d’assurances.

En outre, les lourdeurs structurelles et réglementaires ne permettent pas aux banques de répondre efficacement aux nouvelles attentes de consommation de leurs clients. A l’inverse, la souplesse d’une FinTech permet d’innover, tout en respectant la réglementation, pour réagir rapidement et s’adapter d’abord aux besoins des utilisateurs avant de penser « règles et conformités ».

En plus de l’immobilisme face à la révolution digitale et aux nouveaux usages, la crise qui a éclaté dans la finance en 2008 a affecté l’économie du monde entier et brisé la confiance des citoyens dans un système financier opaque. La finance actuelle dicte ses lois, endette les États, pollue les banques, l’économie et la société.

Quel rôle peut jouer la FinTech pour révolutionner la finance ?

La FinTech a son rôle à jouer dans la révolution de la finance

L’industrie FinTech, dans son approche souple, digitale et « user first » (prise en compte du besoin utilisateur avant tout), porte un enjeu majeur pour le développement de services financiers innovants pour tous. Les consommateurs ont tout intérêt à ce que de nouveaux acteurs bousculent les acteurs établis du secteur financier afin de :

  • Réduire les coûts des services et des produits.
  • Simplifier les services financiers pour donner la possibilité aux utilisateurs de comprendre et donc de mieux maitriser leurs finances et de prendre de meilleures décisions.
  • Redonner de l’autonomie pour permettre aux clients de devenir des utilisateurs, des membres : c’est à dire rééquilibrer la relation, aujourd’hui descendante, entre le fournisseur du service, qui possède les pleins pouvoirs, et l’utilisateur du service qui subit un système qui le dépasse.
  • Revenir à un vrai modèle de proximité car l’agence n’est plus associée à la proximité. La FinTech dispose de toutes les clés pour une écoute personnalisée. Elle a les atouts nécessaires pour créer des interfaces co-construites dans un mode de relation s’inspirant de l’économie collaborative où les clients définissent leurs besoins contrairement aux banques traditionnelles qui proposent des produits pré-formatés.
  • Jurer transparence et éthique, que ce soit dans l’utilisation des données utilisateurs ou dans la conduite du projet, pour redonner du sens à l’argent.
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Lectures complémentaires