Idée reçue

L’argent n’a pas d’odeur

L'argent n'a pas d'odeur : idée reçue

L’argent n’a pas d’odeur.

Ce proverbe désigne les individus qui gagnent de l’argent sans se soucier de sa provenance ou de la manière de le gagner. Cet adage ne constitue pas une vérité et nous sommes même en mesure d’en choisir le parfum !

Proverbe L'argent n'a pas d'odeur

L’argent, dans le monde de la finance, est associé à une haute rentabilité à court terme en laissant très peu de place à l’intérêt commun et aux initiatives responsables. Le système financier est, en ce sens, déconnecté des préoccupations de la majorité de la population. Ce n’est certainement pas à la Bourse de Paris ou à Wall Street qu’on se préoccupe de la PME qui cherche des financements afin d’accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle, par exemple. C’est également le cas pour un projet de financement d’une startup dans les biotechnologies ou la santé qui séduira très rarement les banques classiques. Ainsi, la voie que prend notre épargne ne correspond pas toujours à l’idée que l’on s’en fait. L’argent déposé sur votre compte courant ou épargne participe, la plupart du temps, au financement de projets rentables : spéculation, exploitation du tiers monde, pillage des ressources naturelles, etc.

Dans le guide « Environnement : comment choisir ma banque ? », Les Amis de la Terre et l’association de défense des consommateurs (CLCV) ont évalué les diverses banques et produits de placement en fonction de leur impact sur l’environnement. Sans surprise, la grande majorité des banques (Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC) ont un impact négatif.

Cependant, il existe différents moyens de redonner du sens à l’économie en offrant à chacun la possibilité de s’en réapproprier les enjeux. Et si nous déjouions les pratiques irresponsables au sein de la finance mondiale en s’appuyant sur des principes de transparence, solidarité, bonne gouvernance et utilité sociale ?

Épargner solidaire et utile : c’est possible !

Finance solidaire

Mais comment faire pour s’assurer du bon emploi de son argent ? La finance solidaire, qui applique les principes et les méthodes de l’économie sociale et solidaire, s’oppose par essence à la finance spéculative, puisqu’elle s’inscrit dans la réalité et le concret. Ce secteur se structure notamment avec la création d’un label indépendant Finansol qui certifie des placements solidaires et propose un panel de possibilités pour l’épargnant. Des organismes financiers, comme la NEF, misent également sur la transparence et un soutien aux acteurs associatifs et économiques.

L’épargne solidaire offre donc une alternative à la finance traditionnelle. Et pour être sûr de savoir à quoi servira votre argent, il existe une solution en plein boom : le financement participatif (crowdfunding/crowdlending). Élément fort du cobanking, il permet de nous responsabiliser en choisissant nous même les projets qui font sens et dans lesquels nous souhaitons investir et/ou épargner. Ce type d’investissement participe à la consolidation d’une finance au service du développement humain et entraine une satisfaction morale pour l’investisseur et/ou l’épargnant que nous sommes. Il existe 6 typologies de financement participatif :

  • Le don participatif sans contrepartie
  • Le don avec contrepartie, aussi appelé prévente
  • Le prêt participatif sans intérêt
  • Le prêt participatif avec intérêts
  • Le don contre royalties
  • L’investissement participatif en capital

Idéalement, l’argent que nous plaçons/épargnons doit permettre de financer l’économie réelle, contribuer à la réalisation de projets innovants, créer des emplois et nous accorder une rétribution pour avoir mis à disposition nos ressources. Aujourd’hui, les plateformes de financement participatif nous offrent la possibilité, par exemple, de soutenir l’économie locale en injectant nos ressources dans des projets à fort impact social dans des secteurs spécifiques tels que l’emploi, le logement, le commerce équitable, l’humanitaire mais aussi l’environnement.

Et la banque collaborative dans tout ça ?

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La volonté d’Éric Charpentier avec Payname, pionnière du cobanking, est clairement de créer une institution indépendante qui offrira, à terme, tous les services de la banque originelle, en s’adaptant aux nouveaux usages collaboratifs. La banque à l’ère collaborative englobe des services bancaires en ligne à coûts réduits, s’adapte aux échanges entre particuliers et redonne du sens et de la valeur à l’argent.

Dans ce nouveau modèle de banque, l’argent n’est jamais placé sur des marchés financiers (aucune spéculation ou recours aux taux d’intérêts) et reste toujours disponible. À terme, le projet proposera les outils nécessaires pour que chacun puisse valoriser son projet et/ou choisir dans quelles initiatives placer/épargner son argent. En somme, une néo-banque au service de l’humain et non de la finance.

Lectures complémentaires