L'Interview

La FinTech Kantox repense la gestion des devises pour les entreprises

Les fondateurs de la fintech kantox

Nous avons le plaisir de vous présenter Philippe Gélis, CEO et co-fondateur de Kantox, la plateforme de change la plus complète pour les entreprises.

Bonjour Philippe ! Vous donnez régulièrement votre avis sur l’évolution de l’industrie FinTech et nous souhaiterions en savoir plus sur Kantox

Comment l’idée de la plateforme vous est-elle venue ?

J’étais consultant chez Deloitte à Barcelone et avec un de mes co-fondateurs nous analysions les données financières d’un de nos clients, une grosse PME exportatrice. On s’est alors rendu compte par hasard qu’il payait des commissions mirobolantes sur les opérations de change, plus de 2%. On a donc analysé les données d’autres clients et on a découvert la même chose, des commissions inexpliquées. On a vite compris que l’oligopole bancaire avait créé et maintenait une grande opacité en incluant les commissions dans les taux de change, c’est ce qu’on appelle le spread. Voilà comment nous est venue l’idée de Kantox.

Qu’est-ce que Kantox et pourquoi le projet est innovant ?

Transparency Kantox

Kantox est une solution de gestion des opérations de change pour les PME et les ETI. En résumé, nous proposons à nos clients une plateforme online qui permet d’acheter et de vendre des devises avec des tarifs transparents et jusqu’à 10 fois inférieurs à ceux des banques. Certains de nos clients – aujourd’hui plus de 1.600 dans 20 pays – économisent plus de 250.000 € par an en frais bancaires. Mais Kantox c’est aussi et surtout des outils qui permettent aux clients de gérer leur risque de change en temps réel avec notre solution « FX Risk Manager », de mettre en place des stratégies de couverture et de les exécuter avec notre solution « Dynamic Hedging » ou de réaliser des paiements internationaux de manière massive avec notre solution « Payments Hub ».

Notre dernière innovation consiste à automatiser complètement les transactions à travers notre API qui se connecte directement aux ERP ou autres plateformes technologiques de nos clients (e-commerce, etc). Une fois connecté – cela prend quelques jours – le client n’a plus besoin d’intervention manuelle, les gains en termes de productivité sont énormes et les risques d’erreur extrêmement réduits.

Le succès est-il au rendez-vous ?

Certains considèrent qu’avec déjà plus de 2 Milliards $ déjà échangés sur la plateforme, plus de 1.600 clients, dont certains sont côtés en bourse, Kantox est un succès. Nous, nous considérons que tant que nous n’avons pas atteint une taille critique, au moins 100 Millions € de CA, et que nous ne sommes pas extrêmement rentables il reste du chemin à parcourir. Dans la Tech (entreprises technologiques), c’est du pur Darwinisme, les succès se font et se défont, il ne faut jamais s’endormir et toujours innover et croître. Nous maintenons un rythme de croissance supérieur à 200% par an mais nous cherchons encore à accélérer.

Que pensez-vous des FinTechs qui souhaitent conserver leur indépendance vis-à-vis des acteurs de la banque traditionnelle ?

Match FinTech vs Banque : coopetition ?

Toutes les Fintechs ont besoin des banques pour la bonne et simple raison qu’elles ont au moins besoin de comptes bancaires pour gérer les fonds de leurs clients. À terme, l’industrie financière sera un écosystème dans lequel les banques et les Fintechs seront en concurrence sur certains produits mais collaboreront sur d’autres. Il n’y aura pas une frontière claire. Chez Kantox nous croyons beaucoup à la coopétition. Les Fintechs sont une fantastique plateforme que les banques peuvent (doivent) utiliser pour innover. Seules les banques les plus flexibles et les plus « ouvertes » survivront, les autres disparaitront. En résumé, il n’y a pas de mal à ce que les Fintechs conservent leur indépendance mais à terme certaines feront probablement partie d’institutions bancaires sur lesquelles elles s’appuieront pour croître et se développer.

Selon vous, quel est l’intérêt et l’avenir du cobanking ? 

Je le vois comme un produit de niche intéressant (attention « niche » ne veut pas obligatoirement dire que le marché est petit). Je suis convaincu que d’ici 3-5 ans nous allons assister à la création de véritables banques « Fintech » (que j’appelle aussi « Banques place de marché ») qui vont attaquer les banques traditionnelles sur leur cœur de métier. La véritable disruption viendra à ce moment là et les banquiers n’ont pas encore pris la mesure du tsunami qui se prépare. Tous les métiers de la banque seront « attaqués », inclus le wholesale, les infrastructures, la banque d’investissement, etc.