Le Coup de Coeur

Afrimarket : le transfert d’argent autrement

afrimarket
Écrit par Camille

On connaissait déjà le cash-to-cash, qui consiste à envoyer de l’argent à des amis ou de la famille dans le monde. Aujourd’hui, place au cash-to-goods vers l’Afrique ! Lancée en 2013, la startup Afrimarket propose à la diaspora africaine une autre façon d’aider leur famille restée au pays en envoyant des biens plutôt que de l’argent.

Comment fonctionne Afrimarket ?

La solution pensée par Jérémy Stoss, Rania Belkahia et François Sevaistre, les fondateurs, est simple. L’utilisateur qui souhaite aider sa famille se connecte sur le site, choisit l’un des magasins partenaires de l’entreprise, le montant du transfert et désigne la personne à qui est destiné l’argent. À plusieurs centaines de kilomètres de là, en Afrique, le bénéficiaire reçoit un SMS le notifiant de l’envoi d’argent dans le point de vente choisi. Il pourra dépenser l’argent envoyé directement avec son téléphone sur le lieu de vente ! Afrimarket se charge de sécuriser le paiement, au même titre qu’une transaction bancaire : l’authentification se fait à l’aide d’un son crypté entre le téléphone portable du bénéficiaire et le terminal. Pour l’émetteur, c’est l’assurance de savoir comment est utilisé son argent, tandis que le bénéficiaire accèdera à des produits de qualité et n’aura pas de problème de monnaie (le crédit restant pourra être dépensé à tout moment dans le même point de vente). Nul besoin d’un smartphone sophistiqué ni d’être chez un opérateur particulier : la solution développée est indépendante de ces contraintes.

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Afrimarket a soigneusement sélectionné ses partenaires locaux sur le terrain : ceux-ci doivent répondre à certains critères de sélection administratifs et financiers (ils doivent payer leurs taxes par exemple). La qualité des produits rentre aussi en jeu, notamment pour les produits en pharmacie (la startup lutte contre la contrefaçon de médicaments).

Une réponse aux besoins de la population africaine

À en croire les fondateurs de la startup, tout restait à faire sur le continent africain en matière de commerce en ligne. C’est pourquoi la startup a choisi cette implantation et souhaite contribuer au développement de la croissance africaine.

 

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Le flux d’argent transitant des pays du « Nord » vers ceux du « Sud » atteint annuellement la somme conséquente de 41 milliards de dollars. Avec de tels chiffres, Afrimarket n’est évidemment pas seule sur le créneau. Les opérateurs de transferts d’argent tels que Western Union et autre MoneyGram ont su exploiter le faible taux de bancarisation du territoire. Mais Afrimarket tire son épingle du jeu en proposant un concept différenciant et en surfant sur les besoins d’une communauté qu’elle a su écouter.

L’objectif est de réinjecter de l’argent dans l’économie locale : les commerces sélectionnés ne sont pas seulement des leaders de la grande distribution mais aussi des fournisseurs plus modestes qui pourront également profiter d’un regain d’activité ! Le consommateur a ainsi l’avantage de consommer des produits locaux de qualité, en accord avec ses besoins et respectant les spécificités culturelles du pays.

Des projets audacieux qui bouleversent les usages

D’après Rania Belkahia, le nouveau marché du « cash to goods » pourrait représenter à terme 10% du marché du transfert d’argent en Afrique. Afrimarket désire s’étendre sur tout le continent africain, mais a conscience que cela prendra du temps, puisqu’il faut changer les habitudes et faire intégrer de nouveaux usages à la population africaine, très peu familiarisée avec le numérique.

Les services proposés à la population ne cessent de s’étendre à de nouveaux domaines. Après l’alimentaire, la santé ou encore la scolarité, la startup se lance dans de nouveaux services : funéraire, cadeaux, immobilier, loisirs… De plus, Afrimarket ne veut pas se limiter à la diaspora et souhaite proposer ses services aux associations et ONG.

Cette forme de consommation collaborative fait évidemment craquer des investisseurs de taille : les PDG de Free et Ventes-Privées.com ont rejoint l’aventure, ainsi que l’opérateur de téléphonie Orange. Afrimarket peut ainsi penser à l’avenir et poursuivre ces projets ambitieux…